Appel à communications : Journée d’étude sur la céramique peinte médiévale
Sylvie de Longueville (Agence wallonne du Patrimoine), Sandrine Mouny (Université de Picardie) et Vaiana Vincent (Inrap) lancent un appel à communications pour une journée d’étude sur la céramique peinte médiévale qui aura lieu le 5 juin 2026 à Namur.
Crédits photographiques (de gauche à droite) : UASD, C. Vrilet-Delhaye, INRAP, L. Venries, SMB, L. Miellé, MUDO, INRAP, L. Petit.
La céramique peinte médiévale de la partie septentrionale de l’Europe se distingue par des récipients de teinte claire, allant du blanc au rosé voire à l’orange en passant par le gris clair ou le brun. Leurs surfaces sont rehaussées d’un décor de barbotine ferrugineuse appliquée au pinceau ou au doigt, prenant le plus souvent l’apparence de virgules, de traits croisés ou parallèles, verticaux ou sinueux, dans les tons orange, rouges et bruns. L’ensemble confère à ces productions une identité visuelle très caractéristique, associant la sobriété des formes à une ornementation parfois vive et toujours contrastée.
Une première synthèse consacrée à cette catégorie de céramique a été publiée à la fin des années 60, par J. Hurst, pour tenter une réflexion globale à l’échelle européenne sur la chronologie différentielle de ces productions par pays, sur les origines possibles, sur la question de résurgence puisque cette technique décorative est connue à l’époque gallo-romaine et sur les influences interrégionales. Les conclusions et réflexions qui en découlèrent se heurtèrent à certains problèmes de datations et à un manque de données créant un déséquilibre dans la compréhension globale. Ces différentes problématiques ont été réactivées dans les années 2010 par Ph. Husi, à partir d’une recherche importante sur le bassin de la Loire. Il démontre qu’à travers une analyse fine et systématique, il est possible au travers d’un dépouillement exhaustif de sites de consommation, de préciser la chronologie et d’établir une typologie des formes et des décors. À une échelle plus large, il définit ainsi cinq régions de production : la vallée moyenne et inférieure du Rhin (avec les ateliers du Vorgebirge), la vallée supérieure du Rhin (l’Alsace), le nord de la France et la Belgique (vallées de la Meuse et de l’Escaut), la vallée de la Seine (Île-de-France et Haute Normandie) et enfin le centre-ouest de la France, avec la vallée moyenne de la Loire et ses principaux affluents.
Une attention particulière, durant cette journée, sera apportée à l’analyse des contextes de découverte puisque l’accumulation des données et la confrontation des datations absolues ont permis un affinement considérable de la chronologie. Ainsi par exemple, la céramique peinte dans les ateliers du Vorgebirge (Badorf comme Pingsdorf) n’est pas antérieure au dernier quart du IXe siècle pour une disparition au tout début du XIIIe siècle au profit de la production de grès. Dans le Beauvaisis, les premières céramiques peintes apparaissent entre le VIIIᵉ et le IXᵉ siècle et leur production se poursuit jusqu’au tout début du XVᵉ siècle, tout comme dans la vallée de l’Ysieux. Il serait ainsi intéressant d’approfondir ces premières données et surtout de les confronter aux autres centres de production.
Le développement de l’archéologie préventive et des différents programmes de recherches, ces trente dernières années, permettent un renouvellement considérable des données sur le sujet. En effet, le PCR TeR A POTS (2024-2026), à l’initiative de cette journée d’étude et qui a pour objectif un inventaire exhaustif des ateliers de potier dans les Hauts-de-France et en Belgique, recense plusieurs centres de production de céramique peinte. Il importe donc d’interroger ces productions sous différents aspects : les spécificités propres à chaque atelier, la nature des argiles employées, les formes réalisées et les particularités des décors. Ces questions concernent toutes les zones géographiques susmentionnées et amèneront à une réflexion sur les dynamiques différenciées d’appropriation, de circulation et d’abandon des traditions ainsi que sur les liens entre uniformisation apparente et particularismes régionaux dans le Nord de l’Europe médiévale.
Cette journée d’étude se veut également ouverte sur les sites de consommation. Ils offrent non seulement un complément substantiel d’informations mais ils permettent aussi d’aborder les questionnements sur les aires de diffusion et d’influence. Cela permettra sans doute de mieux percevoir les différents réseaux économiques et d’échanges culturels.
Il est demandé aux personnes souhaitant participer de se manifester auprès des organisatrices avant le 19 décembre 2025 (courriels ci-dessous). Les propositions de communications devront comporter le nom, prénom, organisme de rattachement, spécialité, titre de la communication et un petit résumé (max. 500 mots). Les participants sélectionnés recevront une confirmation d’ici la fin janvier 2026. Les communications, en français ou en anglais, devront durer 20 minutes. Les textes issus des interventions seront recueillis en octobre 2026, et leur publication en ligne est envisagée pour le milieu de l’année 2027.
Comité d’organisation :
– Sylvie de Longueville, Agence wallonne du Patrimoine, sylvie.delongueville@awap.be
– Sandrine Mouny, Université de Picardie, sandrine.mouny@u-picardie.fr
– Vaiana Vincent, Inrap, vaiana.vincent@inrap.fr
Vous pouvez télécharger l’appel à communications en français ou en anglais.
Informations complémentaires :
Appel à communications : Journée d’étude sur la céramique peinte médiévale
Date : 5 juin 2026
Lieu :
Namur
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Nordoc'Archéo (4 novembre 2025). Appel à communications : Journée d’étude sur la céramique peinte médiévale. Nordoc'Archéo. Consulté le 15 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15388




